par les députés des Maîtres de Poste du royaume.
L’Assemblée Nationale est à la veille de rendre un Décret sur les Postes aux chevaux du royaume.
Cet établissement, aussi utile qu’indispensable pour une vaste monarchie telle que la France, mérite les plus grandes considérations.
Messieurs les honorables Membres sont suppliés d’écarter toutes les compagnies de Traitants, sous quelle dénomination qu’elles puissent être, qui ont jeté un dévolu sur cette branche d’administration qui ne doit être confiée qu’à des citoyens, tels que les Maîtres de Poste actuellement et depuis si long-temps en exercice dans un service public d’où dépend la sûreté des voyageurs et l’extension du commerce.
Si les Maîtres de Poste ne sont spécialement protégés, s’ils n’obtiennent un traitement avantageux et qui les mette à même de se soutenir dans le service du transport des lettres qu’ils font et qu’on exige qu’ils fassent à un bas prix, et dans celui du public et du commerce dont il importe de favoriser les communications, et les voyages, la nation perdra des avantages inappréciables.
On doit considérer les Maîtres de Poste, non comme des hommes privilégiés, mais comme des citoyens aux gages de la nation et du roi, prêts, au premier signal, à exécuter les ordres qui peuvent assurer, d’une manière infaillible, les dépêches les plus importantes, et d’où peut dépendre le salut du royaume.
On observe que l’indemnité de 30 liv. par tête de cheval, dont il est fait mention dans le rapport du comité des finances, ne sauroit être suffisante, principalement pour le grand nombre des relais chargés du service des malles et de ceux des grandes villes qui sont exposés à des dépenses considérables, tant en droits d’entrées, de fourrages, qu’en frais de loyer et autres objets.
Gensoul ; Dotezac ; Drely, députés.
Le 22 Avril 1790.